Le 14e Forum mondial pour le conseil rural (GFRAS) a eu lieu à Denver, au Colorado, en octobre 2023. C’est la première fois que ce prestigieux événement organisé par le North American Agricultural Advisory Network (NAAAN) (réseau consultatif sur l’agriculture) s’est tenu en Amérique du Nord.

Sur le thème « Building the Next Generation of Leaders in Agriculture » (former la prochaine génération de leaders en agriculture), j’ai eu la chance non seulement d’assister à l’événement, mais aussi de participer à un panel au nom de 4-H du Canada en tant que vice-présidente du Comité consultatif sur la jeunesse.

À mon arrivée au Forum, j’ai eu le privilège de prendre la parole au sein du panel international des 4-H et de l’organisation Future Farmers of America (FFA) aux côtés de Scott Stump (PDG de l’organisation nationale des FFA), de Jill Bramble (présidente-directrice générale du Conseil national des 4-H), d’Hector Castellanos Alonzo (représentant des 4-H du Mexique, FUERSAMX), de Trent McKnight (fondateur d’AgriCorp) et de Tom Archibald Ph. D. (directeur général du Center for International Research, Education, and Development) (centre de recherche, d’éducation et de développement internationaux).

Dionne Toombs (directrice adjointe des programmes au ministère de l’Agriculture des États-Unis) animait la séance. Nous avons discuté de la nécessité d’élaborer et d’offrir des possibilités d’apprentissage par l’expérience pour que les jeunes acquièrent des compétences pratiques et de leadership dans le domaine de l’agriculture, ainsi que des répercussions que de tels programmes ont sur les jeunes. Étant la plus jeune personne de ce panel et engagée auprès des 4-H en tant que jeune, j’ai pu relater mes expériences passées et présentes concernant les programmes de développement pour les jeunes et leurs avantages et, en fin de compte, dans quelle mesure ils peuvent changer la trajectoire de leur vie personnelle et professionnelle pour s’améliorer.

Nous avons également discuté des programmes en cours et des partenariats qui ont été lancés entre les programmes de développement des jeunes à l’échelle internationale pour faciliter les liens entre les entreprises locales, le gouvernement et les communautés. Par exemple, Virginia Tech s’est associée au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation du Sénégal pour améliorer les fonctions et les programmes des 4-H au pays. En intégrant les compétences de vie aux compétences agricoles et entrepreneuriales, la création de 350 clubs dirigés localement a été facilitée grâce à l’inscription d’environ 5 000 jeunes.

En plus de participer aux discussions normales tenues dans le cadre de la conférence pendant les activités, les participantes et les participants ont également été invités à choisir des exploitations agricoles à Denver et dans les environs qu’ils souhaitaient visiter. J’ai, pour ma part, visité l’exploitation agricole Olander, qui cultive des grains de malt et fournit du malt artisanal à plus de 100 brasseries et distilleries du Colorado sous le nom de Root Shoot Malting. J’ai également visité la ferme Elk Run, un projet d’agriculture régénérative géré par le regroupement collectif Drylands Agroecology Research qui vise à restaurer les terres dégradées pour les rendre cultivables grâce à la terraformation et aux cultures biorégionales.

Manjit Misra, directeur du National Institute of Food and Agriculture (institut national de l’alimentation et de l’agriculture) du ministère de l’Agriculture des États-Unis, a clos la conférence par un discours liminaire sur les prochaines étapes que nous devrons suivre afin de favoriser un leadership agricole équitable. M. Misra a déclaré que les êtres humains sont comme les graines de différentes plantes et qu’ils ont tous besoin de diverses conditions pour se développer; on ne peut pas s’attendre à ce que différentes graines prospèrent dans un ensemble de conditions données qui ne profiteraient qu’à une seule variété. Depuis lors, cette illustration de l’équité est restée gravée dans ma mémoire, et à mon avis, il est nécessaire d’intégrer cette idéologie dans tout travail à venir afin de former une solide génération de dirigeantes et de dirigeants dans leurs propres domaines.

Tout au long de la réunion du Forum, j’ai pu entrer en contact avec des champions dans les domaines des services consultatifs sur l’agriculture, de l’analyse et de la prestation de conseils en matière de politiques, de l’agroécologie et de la formation de la prochaine génération de dirigeantes et dirigeants agricoles originaires de 40 pays répartis sur six continents. Non seulement cette expérience a été instructive et pertinente par rapport à mes intérêts personnels et professionnels, mais la collaboration, le réseautage et l’apprentissage dont j’ai été témoin dans le cadre du Forum m’ont inspirée et m’ont donné envie de me responsabiliser. J’ai même pu renouer avec des personnes que j’avais rencontrées lors de conférences précédentes, ce qui démontre l’étendue de la communauté mondiale et de la connectivité au sein des systèmes agroalimentaires.

Les effets durables du rôle de porte-parole de la jeunesse canadienne, de l’agriculture et du leadership à l’échelle internationale m’ont conforté dans l’idée que, même si on risque de souffrir du syndrome de l’imposteur lorsqu’on s’exprime aux côtés de dirigeants d’organisations bien reconnues, la représentation des jeunes est nécessaire dans des secteurs dynamiques en pleine expansion comme l’agriculture.

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